Interview de Madame Larinier

Le 15 novembre 2013


 
Arrivée depuis cette rentrée scolaire à la direction du Sacré Cœur, Madame Larinier a accepté de se laisser «interviewer»  par l’APEL pour nous permettre de mieux la connaître. Au cours d’un échange très sincère, nous avons ainsi découvert une directrice engagée, à l’écoute et enthousiasmée par son métier :

 

APEL : Madame Larinier, d’où venez-vous et quelles ont été vos expériences professionnelles précédentes ?

Madame Larinier : Je suis parisienne et j’ai commencé ma carrière en tant qu’enseignante, métier que j’avais choisi depuis longtemps. J’ai exercé 5 ans à Boulogne, en CP et CE2, puis je me suis arrêtée de travailler pendant 7 ans pour élever mes 4 enfants. Quand j’ai repris mon activité nous habitions dans le Val d’Oise et j’ai travaillé dans des classes d’adaptation pour élèves en difficulté, puis en CE2, à Garges les Gonesses et à Sarcelles, dans des établissements des Frères des écoles chrétiennes. Ensuite je suis revenue à Paris et j’ai été enseignante en CM2 dans le 14ème et enfin j’ai passé 5 ans à l’école Sainte Marie des Batignolles où j’étais à la fois enseignante et directrice. C’était une petite école de 5 classes et cela a été pour moi une expérience très formatrice.

 

APEL : Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier de directrice d’établissement ?

Madame Larinier : Ce que j’apprécie le plus, ce sont les relations avec les personnes, qui sont très diverses et très enrichissantes : enfants, enseignants, personnel de l’école, parents mais aussi intervenants extérieurs… et jusqu’à l’évêque parfois.

Je trouve d’ailleurs que les relations avec les enfants sont différentes quand on est directrice et non enseignante : n’ayant pas un rôle direct dans l’apprentissage, j’ai davantage la possibilité de m’intéresser à la personne, à la formation de l’Homme, et c’est quelque chose qui compte beaucoup pour moi.

J’apprécie également la qualité des relations que je peux avoir avec les parents : vous nous confiez ce que vous avez de plus cher et de ce fait nos relations sont souvent très vraies, très sincères.

Enfin ce qui me plaît beaucoup dans mon métier, c’est le travail de « mise en projets » avec les enseignants.

 

APEL : Qu’est-ce qui vous a le plus frappé quand vous avez découvert le Sacré Cœur ?
Madame Larinier
: C’est bien sûr la taille de l’établissement d’abord, puisque je venais de la plus petite école de Paris ! Mais j’ai également été frappée par la qualité de l’accueil qui m’a été réservé, malgré le fait que Monsieur Stéphane était visiblement très apprécié et que son départ pouvait être vécu difficilement. J’ai notamment trouvé que les relations avec les enseignants étaient très bonnes. Et puis ce qui m’a frappée c’est l’esprit familial qui règne dans l’école, malgré sa taille. C’est une impression générale, difficile à illustrer par des choses concrètes, mais je constate une vraie attention aux personnes, des relations de qualité entre tous : les enfants se disent bonjour, les parents échangent facilement avec les enseignants… Je dois dire d’ailleurs que je trouve les parents à la fois très présents et très respectueux des rôles de chacun. Cela contribue beaucoup à ce climat familial.

 

APEL : Qu’avez-vous envie de mettre en place ou d’insuffler dans l’école ?

Madame Larinier : Plusieurs choses me tiennent à cœur : Je suis d’abord très attentive à notre rôle dans la construction de la personne et je considère que l’école doit aider les enfants à mieux se connaître, à cerner leurs forces et leurs faiblesses. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité mettre en place le « permis à points », qui permet de clarifier les règles du jeu et d’aider les enfants à se situer par rapport à ces règles : certains n’osent jamais les transgresser, d’autres vont souvent jusqu’à la limite, mais ils connaissent les interdits et cela permet à la fois de les rassurer et de les responsabiliser.
 Je suis également très attachée aux projets qui permettent de fédérer l’ensemble de l’école autour de thèmes communs : nous avons par exemple commencé à travailler sur un projet d’école autour de la lecture, qui se traduit par la mise en place de la bibliothèque pour les CE2, par l’écriture d’un livre pendant les classes de nature, etc.

Enfin en matière de pédagogie j’ai à cœur que nous sachions donner du sens aux apprentissages. Pour moi il est très important que les enfants comprennent le sens de ce qui leur est enseigné, qu’ils comprennent « à quoi ça sert ». Par exemple quand il y a des difficultés dans des classes ou avec certains élèves en difficulté je travaille avec les enseignants pour redonner du sens aux apprentissages et remettre ainsi les élèves en projet.

 

APEL : Que pensez-vous qu’il faudrait changer dans l’école ?

Madame Larinier : La première chose que j’ai souhaité changer, c’est le système de sanction car j’ai trouvé que cela manquait et que c’était difficile à gérer. C’est pourquoi j’ai mis en place le permis à points. En dehors de cet aspect, je ne trouve pas qu’il y ait beaucoup de choses à changer car l’école tourne bien. En revanche il faut que nous continuions à avancer sur la mise en place du groupe scolaire et sur les relations avec les autres établissements.

 

APEL : Pour vous quel est le rôle d’une école catholique ?

Madame Larinier : Pour moi l’enseignement catholique donne une alternative aux parents et la différence se fait dans la prise en compte de la personne : l’enseignement catholique fait la promotion de la personne, comme chemin qui mène à Dieu. Ce qui nous distingue également c’est que nous traversons l’échec avec l’espérance.

Je souhaite que ce qui se vit dans l’école, par l’attention que les adultes portent aux enfants, par les liens qui se créent entre les personnes, donne aux enfants la grâce de recevoir l’amour de Dieu. Je souhaite que les enfants aient la possibilité de se laisser toucher par la parole de Dieu et qu’ils sentent comment cette parole devient un moteur pour nos vies. Pour les enfants non baptisés, il ne s’agit pas de les convertir mais de leur donner cette ouverture et de leur offrir cette possibilité de rencontre. Pour les enfants catholiques, notre rôle est de les accompagner dans leur foi et les aider à aller plus loin.

 

APEL : Que souhaitez-vous faire en matière de pastorale religieuse ?

Madame Larinier : ce qui est important pour moi c’est que les liens avec la paroisse soient vrais et faciles et puis que nos célébrations soient jolies, qu’elles soient de vrais moments de prière. J’ai à cœur que l’école soit réellement une école catholique mais que cela se vive de manière vraie, ancrée, par l’exemple et pas par de grandes démonstrations.

 

APEL : Avez-vous des messages particuliers que vous souhaitez adresser aux parents d’élèves ?

Madame Larinier : Je souhaiterais redire que j’ai à cœur d’établir une relation de confiance avec les parents et que cette confiance réciproque est indispensable pour que les enfants soient rassurés affectivement et que tous soient en mesure de prendre les risques nécessaires à l’apprentissage. Je voudrais dire également que je suis très heureuse d’être arrivée dans l’école du Sacré Cœur et que je sens que les enfants et les enseignants y sont heureux aussi !

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